• 150 visits
  • 13 articles
  • 10 hearts
  • 7 comments

Le don des cheveux: un beau défi 28/07/2018

Un don de cheveux, ça vous parle?
 
 
En fait, ça fait quelques semaines que l'idée me trotte dans la tête. Je désire faire un don de cheveux (50 cm) pour une petite fille ou une femme atteinte de cancer et ayant perdu ses cheveux à cause de la chimiothérapie. Ma famille et moi savons ce qu'est la chimio, puisqu'on a vu mon papa en faire. Mon père est décédé de cancer donc soutenir les malades du cancer fait partie de mes priorités les plus primordiales ! Des personnes que je connais très bien ont livré, ou livrent encore, une bataille quotidienne à cette maladie, bataille qu'ils remporteront je l'espère. Bataille dans laquelle je compte bien participer pour aider celles qui on besoin ne serait-ce que d'une lueur d'espoir. Je n'ai pas vu mon père perdre ses cheveux, sa chimio n'avait duré que 2 mois suite à laquelle il est parti, en paix. Mais pour une femme qui perd ses cheveux, j'imagine combien c'est difficile. Pour nous les femmes les cheveux sont importants, un peu comme Samson qui a sa force dans ses cheveux. Nos cheveux sont la marque de notre bonne santé mais aussi de beauté, une femme heureuse est belle, quelle que soit son apparence physique. J'ai toujours porté mes cheveux longs, voire très longs, depuis que j'avais 4-5 ans et jusqu'aujourd'hui. Plusieurs fois pourtant, je les ai coupés en coupe carré mais je n'ai jamais pensé à en faire don, je voyais le gachis par terre mais je n'avais aucune idée que ces mèches qu'on jette pouvaient faire toute la différence pour une autre jeune femme qui a le cancer du sein ou autre, et lui rendre son sourire. À l'âge de seize ans, je voulais tellement me couper les cheveux en coupe carrée, je les portais alors jusqu'au bas du dos. Et un jour, j'avais faite une bêtise en fuguant toute une après-midi. Alors ma mère m'a coupé les cheveux, en coupe garçon, pour me punir.La scène est encore dans ma tête, je m'en rappelle comme si c'était hier, sans les voix et les paroles, comme un vieux film dont la bande son s'était rompue. Je me rappelle des larmes de ma grand-mère, que je n'avais jamais vu pleurer auparavant, ni après ce soir-là.
 
Ma grand-mère aimait beaucoup mes longs cheveux et me demandait toujours d'y porter un ruban rouge, comme pour en éloigner le mauvais oeil. D'ailleurs, je crois qu'elle en fut plus traumatisée que moi, et à jamais, depuis cet incident-là. Je pleurais aussi, mais de l'émotion, pas de la nouvelle coupe-punition. Depuis ce jour-là, dans chaque discussion et à chaque fois qu'elle me voyait, elle ne pouvait s'empêcher de me dire: "Rod belek tkoss chaarek, aych benti!" Comme si c'était la marque de ma force et de mon épanouissement, et comme pour me dire aussi, ne fais plus de bêtises ma fille, je ne veux plus te voir dans cette situation-là. Je n'avais pas regretté mes cheveux et j'avais vite appris à apprivoiser la coupe garçon dont j'étais pourvu, cela me permettait de conduire la moto sans scandaliser les passants. Mais le fait de les perdre ainsi, sans l'avoir choisi, sans l'avoir demandé, sans m'être assise sur une chaise et regardé dans la glace avec le sourire d'un enfant qui attend un cadeau, cela a été dévastateur. Que dire alors de ce sentiment si une jeune femme devait perdre ses cheveux, pas pour une bêtise qu'elle aurait commise et dont elle se remettra vite, mais parce que, pour aucune raison, le cancer l'avait choisie elle, et pas une autre, pour chambouler sa vie, lui ôter ses cheveux, sa beauté et sa santé?
 
Le fait qu'on me coupe les cheveux pour me punir, ça m'avait marquée! Mais ça m'a surtout rendue plus forte, parce que j'ai appris très tôt que ce qu'on vous enlève de force, la force de la nature vous le rendra en quadruple... Pour la maladie aussi, j'aimerais dire aux personnes atteintes de cancer: vous guérirez et tout finira par passer! Restez forts vous êtes pas seuls.es dans cette bataille.
 
Aujourd'hui, je décide de me coupe les cheveux avec toute la volonté, l'amour et la liberté du monde, ce sera un sourire béat devant la glace, pour le cadeau que je fais à une femme quelque part, en imaginant son visage en portant mes cheveux, s'illuminer et retrouver des couleurs.
Aujourd'hui je désire faire don de mes cheveux pour plusieurs raisons, d'abord pour rendre le sourire à une personne qui en a besoin, dans une bataille où le moral est extrêmement important. Pour dire à mon papa que même si je n'ai rien pu faire concrètement pour l'aider à faire face à son cancer, aujourd'hui j'essaie avec les moyens que j'ai d'aider une autre personne à aller mieux, ne serait-ce que moralement. Inutile de souligner que mes cheveux me sont très précieux, je les coupe régulièrement mais en gardant la longueur bien en-dessous des épaules. Je les ai toujours chouchouté, et j'en prendrai encore soin d'ici la date de la coupe que je déciderai plus tard (ce sera soit le 12 novembre 2018, journée nationale du don de cheveux au Québec, ou le 18 avril 2018 date du décès de mon père). Mes cheveux j'en prends soin quotidiennement: huiles essentielles, masques, shampoing vegan et naturels et protecteurs thermaux.
PS: pour celles qui ont besoin de plus d'infos je serai ravie de vous répondre pour expliquer toute la démarche et ce qu'il faut pour poser ce geste solidaire avec les malades du cancer.

Écrire pour vivre 17/01/2018

J'écris aujourd'hui, 
Je n'ai plus la hantise de vouloir vous plaire.
J'arrête de marcher dans vos chaussures. Je vis.
J'écris pour sentir que je vis,


Pour laisser une trace de ces moments fougueux, 
éternels pour moi
Insignifiants pour le temps.
J'écris pour vivre, ce que j'ai oublié de vivre.
Pour rattraper le temps perdu
à maquiller les injures, colorier mon sourire
et rester muette devant les tonnerres de la vie
Qui m'assomment et ne m'achèvent pas
Qui prennent des bouts de moi
et me laissent le vide.


Je deviens corps abritant toutes les âmes
que je rencontre pour un jour, ou une nuit.
Venez à moi terribles inconnus qui me connaissez pourtant
Comme si on avait ensemble, vu et vécu
tant de choses innommables en commun. 
 
J'écris pour pouvoir parler à moi-même, 
Me consoler. recoller ces morceaux avec ce qui me reste
de moi, de toi... Ces nouvelles âmes que je porte
berce et admire, qui m'ont fait voir ce qui me reste
de moi. Un nouveau visage qui me rassure 
Qui apparait enfin après des siècles déçus.
M'annonçant que je dois parler à moi pour rester en vie,
parler avec cette langue qui m'a construite
Parler mais surtout écrire. Les paroles m'échappent et fuient 
comme cette fumée dense et blanche. 

Je me surprends parfois, parlant à ces autres moi, qui me surprennent et m'effraient
Chacun d'eux a un visage qui se transforme par le temps, acquiert de nouveaux traits
Laids souvent,
Parfois magnifiques. Qu'importe. Les deux me sont égaux. 
J'ai un coeur qui raisonne, pas un cerveau,


 

 
Le mien est trop occupé à faire taire ses déformations personnelles

là, je divague, je m'ennuie. Je me tais, puis je me vide sur cet écran,

de ce qui m'a traumatisée et hantée depuis ces trois siècles et demi.

De tout ce qui me hante depuis un bail, 
Histoires de guerres, un sang impur, un sang sacré
Des standards à deux balles...
Une vie de faillite, pour tout ce qui m'a bercé l'esprit
Depuis mon enfance dans le paradis où j'ai vécu,

Cette vie est autre, Papa! Tu ne m'as rien dit

Tu es juste parti. Sans un mot. 

Ecoute mes mots et guéris mon mal, 

Je me noie , je divague, je me meurs.








Illusion 17/01/2018

And Today, somehow, I started doubting your existence...
Maybe you're just not real,
maybe you're a ghost imagined by an 8 year-old-girl,
like every other illusion that ends up fading away... Like the hero who passed away too soon, Like the great relation I never had and yet keep imagining, Like the gifts we never offered, Like the great job I never had, Like that fancy car I never drove, Like the new-year resolutions I never realise, Like all the promises they give but never keep, Like the taste of ice cream in December, Like the taste of love kisses, those sacred gifts, Like my life, the biggest illusion
Like all of the fake stories I've heard years ago,
Like the lies they sell me,
Like the fake smiles, the fake friends,
Like these new wars, virtual, unreal,
Like their fallacies, never proved false,
Maybe, just maybe, you're just an illusion
a hoax, a big lie made-up in my mind

and held by fake strings,
too unreal to be relied on but too hard to break,
Maybe You'll never come and maybe should I better move on...
Maybe I'm right.
I'll go to the gym, tomorrow, and everyday after,
until I sweat my life,
until I loose every single illusion out of my skin.
I'm done waiting, believing in you.
You don't exist.
I'll start to live. I won't wait baby.
You're dead to me!


Source image: http://www.kunsthalle-karlsruhe.de/fr/expositions/passees/expositions-passees/les-illusions-mitraillees.html

Tags : Illusion

Amours fanées 17/01/2018

 
Après tous ces retours interminables
Tu devais surement finir par te lasser,
d'habiter ma mémoire à jamais,
je te connais, tu n'es pas de ceux qui restent.
 
J'ai tellement cru en toi
Je t'ai tant convoqué à ma mémoire
Je t'ai imaginé me parler, me répondre, sourire et crier
Je t'ai imaginé revenir, maintes fois!
Mais on n'avait plus rien à se dire.
 
Même ton souvenir
a fini par partir
en morceaux...
Ton visage se morcelait
Ton image se décomposait en moi
Ton odeur a fini par s'étioler
Mon homme,
Tu as fini par perdre ton essence.
 
J'ai tout aspiré de tes détails,
Ton regard transparent et Ô combien indéchiffrable
La rougeur dans tes yeux, qui m'inquiétait
Et qui me cachait le fond de ton âme
Noyée dans du pourpre
Étouffée dans son ivresse.
 
Tu dois te demander pourquoi j'écris encore sur toi,
après cette absence où j'ai tout fait pour t'oublier,
Tout en veillant à garder intacte ton image, un peu malgré moi...
Au bout de deux mois,
Voilà, je me suis réveillée ce matin,
Un matin d 'automne,
et je n'ai rien trouvé.
Plus de première pensée le matin,
Plus de déchirement, ni de nostalgie
Plus de morne sentiment d'envie désespérée
Rien.
J'avoue que me suis affolée.
 
J'ai fait l'effort de te retrouver,
J'ai descendu un flambeau de tndresse à la main
Au fond de mon être
J'ai dévalé les escaliers
J'ai fini par débarquer dans l'antre où je te gardais
Un Sépulcre,
Je fouille de fond en comble le reste de l'antre
Je n'ose approcher le sépulcre
Je t'appelle
Je te cherche
Puis d'un ½il qui coule je regarde ce sépulcre
Quelques pas m'en séparent
mais je me rend compte de la distance énorme
incommensurable de ces pas entre l'objet de ma peur et moi
je repousse le couvercle
Une odeur acre me prend à la gorge
J'étouffe
Mes doigts couverts de poussière
Mesurent le temps passé
Entre chaque couche qui s'est étalée
Depuis qu'on s'est quitté
Mais je te croyais encore là, entre mon écorce et moi
Encore vivant et chantant et riant fort.
 
 Je t'ai tiré du fond d'une mémoire trop encombrée,
D'entre les restes d'amours inachevées,
des bris des secrets bien gardés
De mes vitres brisées et des cris en échos hantant mes décors
J'ai serré bien fort les paupières
Pour essayer de te ramener,
Mais cette fois rien n'y fait,
tu n'étais plus qu'une réminiscence froide
étalée, déchirée, incomplète, fanée
presque décomposée.
L'odeur a forcé mes larmes cette fois.
Je venais de te perdu à jamais.
Mon homme, tu n'es plus qu'un cadavre !
Pardonne-moi,
Est-ce ma faute de t'avoir consumé dans ma mémoire ?
D'avoir fait de toi un spectre qui hante mes illusions
Chaque matin, chaque soir, à chaque souffle ?
Est-ce ma faute si tu es aujourd'hui englouti sous ce tas d'oubli
Que tu ne donnes plus aucun signe de vie,
Était-ce un crime que de vouloir te rester fidèle ?
 
Pardonne-moi, je n'ai pas pu garder ta trace vivante en moi,
Tu m'aurais consumée et laissée pour morte
Je t'ai laissé ta liberté
Tu as fini par te consumer, tu m'as échappé...
Et la réalité a fini par engloutir mon rêve avec toi,
Ma douce illusion.
Je continuerai d'exister
Et de toi, il ne restera plus que le souvenir
d'un amour qui s'est décomposé
Doucement,
Mais sûrement.
 

Trilingue 28/09/2017

 
 
 
Mes mots sont français,
Mes idées sont martiennes,
Ma grammaire est arabe,
Ma culture est un mélange de couleurs méditerranéennes,
Le tout s'est américanisé à coups médiatiques.
 
Alors ne m'en veux pas,
Quand mes expressions françaises semblent exotiques
À tes oreilles québécoises,
Et quand tu constates que je ne connais pas le vocabulaire local.
Tu comprendrais, peut-être, et tu sourirais plus ironiquement,
Sûrement, si tu voyais les va-et-vient dans mon esprit
pour traduire mon langage étrange ;
Du sale travail d'interprète
Que je me tape en temps réel
Prise d'assaut, d'une remarque déplacée
D'un coup de seringue bien maniée
Je dois composer avec ce tas de chaos
 en l'espace d'une seconde
Une réponse cohérente.
 
Je te vois effarouché, les yeux à l'affût d'une erreur,
D'un déréglement qui te conforterait dans tes préjugés.
Je te prête mes trois langues,
Mon cerveau bilingue et ma culture hétéroclite, bizaroide
pour un jour,
Et tu me diras ce que tu en penses,
 tu souriras peut-être moins.
 
Mais tâche de me les rendre ils me sont si précieux
Sans eux, je n'aurais qu'une seule langue, orpheline,
et mon monde serait trop stable,
J'en perdrais mes paradoxes et mes antres
j'en ai besoin, vois-tu, de ce foisonnement
de cette ivresse
de devoir me risquer sur mes aller-retour.
 
 
 

Tags : Trilingue