• 145 visits
  • 12 articles
  • 10 hearts
  • 8 comments

Écrire pour vivre 17/01/2018

J'écris aujourd'hui, 
Je n'ai plus la hantise de vouloir vous plaire.
J'arrête de marcher dans vos chaussures. Je vis.
J'écris pour sentir que je vis,


Pour laisser une trace de ces moments fougueux, 
éternels pour moi
Insignifiants pour le temps.
J'écris pour vivre, ce que j'ai oublié de vivre.
Pour rattraper le temps perdu
à maquiller les injures, colorier mon sourire
et rester muette devant les tonnerres de la vie
Qui m'assomment et ne m'achèvent pas
Qui prennent des bouts de moi
et me laissent le vide.


Je deviens corps abritant toutes les âmes
que je rencontre pour un jour, ou une nuit.
Venez à moi terribles inconnus qui me connaissez pourtant
Comme si on avait ensemble, vu et vécu
tant de choses innommables en commun. 
 
J'écris pour pouvoir parler à moi-même, 
Me consoler. recoller ces morceaux avec ce qui me reste
de moi, de toi... Ces nouvelles âmes que je porte
berce et admire, qui m'ont fait voir ce qui me reste
de moi. Un nouveau visage qui me rassure 
Qui apparait enfin après des siècles déçus.
M'annonçant que je dois parler à moi pour rester en vie,
parler avec cette langue qui m'a construite
Parler mais surtout écrire. Les paroles m'échappent et fuient 
comme cette fumée dense et blanche. 

Je me surprends parfois, parlant à ces autres moi, qui me surprennent et m'effraient
Chacun d'eux a un visage qui se transforme par le temps, acquiert de nouveaux traits
Laids souvent,
Parfois magnifiques. Qu'importe. Les deux me sont égaux. 
J'ai un coeur qui raisonne, pas un cerveau,


 

 
Le mien est trop occupé à faire taire ses déformations personnelles

là, je divague, je m'ennuie. Je me tais, puis je me vide sur cet écran,

de ce qui m'a traumatisée et hantée depuis ces trois siècles et demi.

De tout ce qui me hante depuis un bail, 
Histoires de guerres, un sang impur, un sang sacré
Des standards à deux balles...
Une vie de faillite, pour tout ce qui m'a bercé l'esprit
Depuis mon enfance dans le paradis où j'ai vécu,

Cette vie est autre, Papa! Tu ne m'as rien dit

Tu es juste parti. Sans un mot. 

Ecoute mes mots et guéris mon mal, 

Je me noie , je divague, je me meurs.








Illusion 17/01/2018

And Today, somehow, I started doubting your existence...
Maybe you're just not real,
maybe you're a ghost imagined by an 8 year-old-girl,
like every other illusion that ends up fading away... Like the hero who passed away too soon, Like the great relation I never had and yet keep imagining, Like the gifts we never offered, Like the great job I never had, Like that fancy car I never drove, Like the new-year resolutions I never realise, Like all the promises they give but never keep, Like the taste of ice cream in December, Like the taste of love kisses, those sacred gifts, Like my life, the biggest illusion
Like all of the fake stories I've heard years ago,
Like the lies they sell me,
Like the fake smiles, the fake friends,
Like these new wars, virtual, unreal,
Like their fallacies, never proved false,
Maybe, just maybe, you're just an illusion
a hoax, a big lie made-up in my mind

and held by fake strings,
too unreal to be relied on but too hard to break,
Maybe You'll never come and maybe should I better move on...
Maybe I'm right.
I'll go to the gym, tomorrow, and everyday after,
until I sweat my life,
until I loose every single illusion out of my skin.
I'm done waiting, believing in you.
You don't exist.
I'll start to live. I won't wait baby.
You're dead to me!


Source image: http://www.kunsthalle-karlsruhe.de/fr/expositions/passees/expositions-passees/les-illusions-mitraillees.html

Tags : Illusion

Amours fanées 17/01/2018

 
Après tous ces retours interminables
Tu devais surement finir par te lasser,
d'habiter ma mémoire à jamais,
je te connais, tu n'es pas de ceux qui restent.
 
J'ai tellement cru en toi
Je t'ai tant convoqué à ma mémoire
Je t'ai imaginé me parler, me répondre, sourire et crier
Je t'ai imaginé revenir, maintes fois!
Mais on n'avait plus rien à se dire.
 
Même ton souvenir
a fini par partir
en morceaux...
Ton visage se morcelait
Ton image se décomposait en moi
Ton odeur a fini par s'étioler
Mon homme,
Tu as fini par perdre ton essence.
 
J'ai tout aspiré de tes détails,
Ton regard transparent et Ô combien indéchiffrable
La rougeur dans tes yeux, qui m'inquiétait
Et qui me cachait le fond de ton âme
Noyée dans du pourpre
Étouffée dans son ivresse.
 
Tu dois te demander pourquoi j'écris encore sur toi,
après cette absence où j'ai tout fait pour t'oublier,
Tout en veillant à garder intacte ton image, un peu malgré moi...
Au bout de deux mois,
Voilà, je me suis réveillée ce matin,
Un matin d 'automne,
et je n'ai rien trouvé.
Plus de première pensée le matin,
Plus de déchirement, ni de nostalgie
Plus de morne sentiment d'envie désespérée
Rien.
J'avoue que me suis affolée.
 
J'ai fait l'effort de te retrouver,
J'ai descendu un flambeau de tndresse à la main
Au fond de mon être
J'ai dévalé les escaliers
J'ai fini par débarquer dans l'antre où je te gardais
Un Sépulcre,
Je fouille de fond en comble le reste de l'antre
Je n'ose approcher le sépulcre
Je t'appelle
Je te cherche
Puis d'un ½il qui coule je regarde ce sépulcre
Quelques pas m'en séparent
mais je me rend compte de la distance énorme
incommensurable de ces pas entre l'objet de ma peur et moi
je repousse le couvercle
Une odeur acre me prend à la gorge
J'étouffe
Mes doigts couverts de poussière
Mesurent le temps passé
Entre chaque couche qui s'est étalée
Depuis qu'on s'est quitté
Mais je te croyais encore là, entre mon écorce et moi
Encore vivant et chantant et riant fort.
 
 Je t'ai tiré du fond d'une mémoire trop encombrée,
D'entre les restes d'amours inachevées,
des bris des secrets bien gardés
De mes vitres brisées et des cris en échos hantant mes décors
J'ai serré bien fort les paupières
Pour essayer de te ramener,
Mais cette fois rien n'y fait,
tu n'étais plus qu'une réminiscence froide
étalée, déchirée, incomplète, fanée
presque décomposée.
L'odeur a forcé mes larmes cette fois.
Je venais de te perdu à jamais.
Mon homme, tu n'es plus qu'un cadavre !
Pardonne-moi,
Est-ce ma faute de t'avoir consumé dans ma mémoire ?
D'avoir fait de toi un spectre qui hante mes illusions
Chaque matin, chaque soir, à chaque souffle ?
Est-ce ma faute si tu es aujourd'hui englouti sous ce tas d'oubli
Que tu ne donnes plus aucun signe de vie,
Était-ce un crime que de vouloir te rester fidèle ?
 
Pardonne-moi, je n'ai pas pu garder ta trace vivante en moi,
Tu m'aurais consumée et laissée pour morte
Je t'ai laissé ta liberté
Tu as fini par te consumer, tu m'as échappé...
Et la réalité a fini par engloutir mon rêve avec toi,
Ma douce illusion.
Je continuerai d'exister
Et de toi, il ne restera plus que le souvenir
d'un amour qui s'est décomposé
Doucement,
Mais sûrement.
 

Trilingue 28/09/2017

 
 
 
Mes mots sont français,
Mes idées sont martiennes,
Ma grammaire est arabe,
Ma culture est un mélange de couleurs méditerranéennes,
Le tout s'est américanisé à coups médiatiques.
 
Alors ne m'en veux pas,
Quand mes expressions françaises semblent exotiques
À tes oreilles québécoises,
Et quand tu constates que je ne connais pas le vocabulaire local.
Tu comprendrais, peut-être, et tu sourirais plus ironiquement,
Sûrement, si tu voyais les va-et-vient dans mon esprit
pour traduire mon langage étrange ;
Du sale travail d'interprète
Que je me tape en temps réel
Prise d'assaut, d'une remarque déplacée
D'un coup de seringue bien maniée
Je dois composer avec ce tas de chaos
 en l'espace d'une seconde
Une réponse cohérente.
 
Je te vois effarouché, les yeux à l'affût d'une erreur,
D'un déréglement qui te conforterait dans tes préjugés.
Je te prête mes trois langues,
Mon cerveau bilingue et ma culture hétéroclite, bizaroide
pour un jour,
Et tu me diras ce que tu en penses,
 tu souriras peut-être moins.
 
Mais tâche de me les rendre ils me sont si précieux
Sans eux, je n'aurais qu'une seule langue, orpheline,
et mon monde serait trop stable,
J'en perdrais mes paradoxes et mes antres
j'en ai besoin, vois-tu, de ce foisonnement
de cette ivresse
de devoir me risquer sur mes aller-retour.
 
 
 

Tags : Trilingue

L'Une ou l'Autre 26/09/2017

C'est dans les pires moments que l'on reconnaît nos torts
Parce que tout est là, au fond de l'abime appelé soi.
 
Deux faces en moi se donnent la guerre
elles s'empoisonnent depuis une trentaine
et qu'il est temps de me défaire de l'une d'elles.
Parce que nous en souffrons, elle et moi,
Parce que j'ai mal quand elle me regarde profondément
Quand elle remue son couteau dans mes plaies d'avant
Et qu'elle gronde en moi l'enfant.
Je suis l'une, et parfois l'autre.
Je ne peux oublier le mal que « je » me fais
Parce que ma peau en garde les plaies,
Chaque fois que ses doigts passent sur la surface déformée
Des séquelles qui n'ont jamais cicatrisées
D'une peau qui n'a jamais compris pourquoi on la blessait
Un ouragan de colère me ravit
Et mon esprit me reprend...Attends
Il me souffle que rien n'est grave
Que c'est le passé et qu'il ne peut plus me rattraper.

Mais de l'autre côté, dans ma mémoire,
Les fenêtres s'ouvrent, violemment,
et le vent de ses paroles renverse tout, remue les feuilles mortes
et les reliques poussiéreuses, remet devant mes yeux des images
ensanglantées, un visage tant aimé, Les souvenirs d'une ado volage
Le tourbillon de ses mots m'emporte et me fait tourner dans ce tas de chaos
Des heures, je me perds, ma mémoire défaille, voyant mon mal
elle cherche à s'effacer... trop tard.

Puis l'ouragan me lâche dans les airs
me lance à terre,
me laissant dans un tourment sans trêve.
Parce que je ne suis pas comme les autres
mais je ne vaux pas mieux
Parce que je n'aime pas leurs regards lorgneurs
et leurs langues de sables,
Parce que je suis encore forte
Malgré les pleurs de cette fillette fragile,
Parce que je n'aime pas qu'ils la heurtent
Et qu'il que leurs langues l'atteignent dans les ténèbres.
Parce que je n'aime pas ceux qui, comme moi, ne peuvent m'aimer...
Parce que j'envie les plus beaux
mais je ne travaille pas assez pour faire comme eux
Parce que je laisse échapper le temps,
Je fais fouir les autres et je me cache là à maquiller mes plaies
A me mentir...seule et sans remords
Parce que je finis par m'énerver
Quand je vois que jamais elles ne seront camouflées.
Parce que les autres ne sont pas dupes et parce qu'ils voient :
Qu'il manque en moi l'humain,
Que mon âme est souffrante,
que mon âme est souffrante, seule et passive
et qu'elle ne peut être accompagnée.
Parce que c'est à moi la faute
Et que je ne sais pas comment m'en sortir
Parce que j'en ai trop fait, ou que je n'ai rien fait
Qu'est-ce que j'en sais ?
Parce que tout mon mal est là.
Je ne fais qu'exister, survivre, et rien ne me tente.
Parce que je suis dans un antre d'où l'on ne sort pas vivant
Et dont je n'ai même pas les clés...
Parce que je veux être sauvée,
Et que personne ne peut me sauver,
Parce que je ne vaux pas la peine,
M'a-t-elle dit une fois,
Me dis-je souvent.
 

Parce que cet encre est le seul remède qui me reste,
et parce qu'il m'échappe
me coule entre les doigts
se moquant de moi parfois
de mes mains incapables de bien le façonner...

Amira Ben Rejeb

Tags : Double - soi-même comme un autre - Reflets - Poème en prose